Depuis petite, je suis fascinée par les danseurs comme Joséphine Baker.
Je ne comprenais pas ce lien, mais je le ressentais. Alors je les ai peintes—elles me semblaient être de vieilles amies.
Des années plus tard, sans l’avoir prévu, j’ai prononcé des mots qui allaient tout changer : « Je déménage en France. »
Je me suis entendue le dire avant même de vraiment le comprendre. Puis je l’ai répété—cette fois avec certitude.
Je ne savais pas pourquoi.
Attirés par quelque chose que je ne pouvais pas expliquer, mon mari et moi avons commencé à chercher une maison en Dordogne.
La première fois que j’ai vu une image de Sarlat, j’ai ressenti une étrange familiarité—comme si j’y étais déjà allée.
Sans plan concret, nous avons pris l’avion pour Bordeaux, loué une voiture et commencé à rouler vers Sarlat.
Un appel est arrivé. C’était Bruno, un agent immobilier, qui demandait si nous pouvions visiter une propriété ce jour-là.
Puis, juste avant de raccrocher, il m’a posé une question inattendue :
« Peignez-vous ? » Oui, ai-je répondu.
Il a marqué une pause, puis a dit quelque chose qui m’a complètement arrêtée :
« Vous peignez quelqu’un de très important pour ma famille… Joséphine Baker. »
« Nous sommes propriétaires du Château des Milandes—le château de Joséphine Baker. »
Sans le savoir, nous étions arrivés pendant la semaine de célébration de l’anniversaire de Joséphine Baker.
Bruno nous a invités au château pour l’événement et pour rencontrer deux de ses enfants.
Ce même jour, nous avons visité la propriété à Sarlat—un domaine médiéval, usé et en attente.
Quand Angélique, la femme de Bruno, est arrivée, elle m’a chaleureusement accueillie,
puis a dit quelque chose que Bruno a hésité à traduire :
« Elle savait que vous alliez venir. »
À cet instant, tout s’est aligné d’une manière que la logique ne peut expliquer.
Nous sommes entrés dans la maison ensemble—mon mari, Bruno, Angélique et moi—et nous sommes montés au dernier étage.
Là, sur une table, se trouvait une collection de vieux papiers et de disques, intacts et silencieusement en attente depuis des années.
Angélique a pris le disque du dessus. C’était Joséphine Baker.
« J’ai deux amours… mon pays et Paris. » « Mes deux amours… la France et l’Amérique. »
Une confirmation supplémentaire !
Ma présence en France—c’est une continuité.
Je ressens un lien profond avec Joséphine Baker et son cercle, comme si leurs voix, leurs passions et leurs expressions inachevées existaient encore en moi—et cherchaient à prendre forme.
Cette galerie d’art m’aide à donner vie à cette forme.
Nous sommes plus qu’une seule vie. Ce que nous aimons, pour quoi nous nous battons et ce que nous créons—continue.
Nous sommes la continuité de tout ce qui nous a précédé.
Couleur de peau, nationalité, sexe… nous sommes tous un.
